Nombreuses sont les sources de distraction au volant, à commencer par le cellulaire. Il ne suffit que de quelques secondes d’inattention pour que votre sécurité et celles des autres soient en danger.

Si l’on ne sait plus se passer du cellulaire pour nous indiquer l’itinéraire à suivre ou pour agrémenter nos trajets avec notre musique préférée, il faut tout de même avouer que son usage au volant peut franchement nous déconcentrer.

Cellulaire et texto au volant, un fléau?

Selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), la distraction est l’une des principales causes d’accident (PDF, 8,18 Mo) :

  • 52 % des conducteurs avouent qu’il leur arrive de parler au téléphone en conduisant
  • 27 % d’entre eux reconnaissent le faire assez ou très souvent
  • 11 % le font uniquement avec un appareil tenu dans leur main
  • 74 % le font avec un système mains libres
  • 23 % des conducteurs admettent qu’ils écrivent ou lisent des textos au volant
  • Parmi eux, 29 % le font assez ou très souvent

En moyenne, de 2012 à 2016, 107 personnes sont décédées et près de 18 000 autres ont subi des blessures chaque année en raison de la distraction au volant.

Pas surprenant que 95 % des Québécois jugent que la distraction au volant est un problème assez ou très grave.

Petite contradiction ici : 12 % des répondants à un sondage de la SAAQ avouent qu’ils souffrent d’inattention en conduisant.

Vous reconnaissez-vous à travers ces statistiques?

La distraction au volant illustrée en chiffres

Il est prouvé que l’usage du cellulaire et des autres écrans en conduisant diminue passablement le temps de réaction du conducteur.

En voici quelques exemples :

  • Conduire en utilisant un téléphone cellulaire multiplie environ par 4 le risque de collision et augmente aussi le risque de commettre d’autres infractions au Code de la sécurité routière
  • Conduire en utilisant un cellulaire équivaut à conduire avec les capacités affaiblies en termes de temps de réaction et de risque de collision
  • Texter au volant signifie que nos yeux quittent la route pendant 4 à 6 secondes. Quand on roule à 90 km/h, cela équivaut à traverser un terrain de football les yeux fermés

Quels écrans sont permis?

Il est permis de conduire avec les appareils installés par le fabricant :

  • Appareils d’aide à la conduite, comme un écran de caméra de recul, un GPS ou un dispositif qui affiche de l’information sur la consommation d’essence, la pression des pneus, le système de traction, etc.
  • Lecteurs DVD pour les passagers à l’arrière

Conditions d’installation et d’utilisation d’un écran au volant

Si vous voulez installer et utiliser un écran affichant des informations utiles à la conduite, vous devez respecter des règles d’installation et d’utilisation.

Pour éviter que l’écran vous déconcentre en conduisant, prenez le temps de le régler avant votre départ.

Caractéristiques et conditions à respecter pour utiliser un écran dans un véhicule

  • L’écran doit avoir des touches de contrôle simples à utiliser, repérables et accessibles
  • Il doit être muni d’un support fixe pour le maintenir solidement dans le véhicule
  • Il doit être placé à un endroit où vous pouvez facilement le consulter

Ce que l’écran ne doit pas faire

  • Nuire à votre visibilité et aux manœuvres de conduite
  • Masquer l’affichage des instruments intégrés au tableau de bord
  • Empêcher le fonctionnement d’un équipement ou en réduire l’efficacité

Quels écrans sont interdits?

Tous les écrans que vous pouvez voir de votre place de conducteur et qui ne servent pas à donner des informations utiles à la conduite sont interdits.

Par exemple :

  • Écran d’un cellulaire
  • Tablette
  • Console de jeux portable
  • Ordinateur portable
  • Caméscope numérique
  • Appareil photo numérique
  • Lecteur MP3
  • Radio satellite portable
  • Lecteur DVD
  • Téléviseur

Même si vous êtes immobilisés dans la circulation ou si vous attendez à un feu rouge, le Code de la sécurité routière est formel. Aucune excuse ne sera tolérée par les policiers même si vous évoquez les raisons suivantes :

  • Je devais faire un appel urgent ou en recevoir un
  • Je devais lire ou envoyer un texto
  • Je devais regarder l’heure
  • Je souhaitais mettre de la musique
  • Je voulais consulter mon agenda
  • Je devais consulter un site Internet ou mon profil Facebook

Seuls quelques types de conducteurs sont autorisés par la loi à utiliser un cellulaire ou autres écrans lorsqu’ils sont au volant, par exemple :

  • Policiers
  • Pompiers
  • Ambulanciers
  • Chauffeurs de taxi qui utilisent un taximètre
  • Employés d’une entreprise de télécommunication ou d’un service public

Et si vous le faites quand même?

Au Québec, conduire avec un cellulaire à la main entraîne une amende de 80 $ à 100 $ qui s’accompagne de 4 points d’inaptitude.

C’est le même montant d’amende qui s’ajoute si vous ne respectez pas les règles d’installation et d’utilisation d’un écran lorsque vous êtes au volant.

Ces 4 points d’inaptitude sont suffisants pour voir un permis d’apprenti conducteur révoqué ou suspendu.

À cela, le policier pourrait ajouter d’autres contraventions si votre inattention vous fait commettre d’autres infractions au Code de la sécurité routière.

Des points d’inaptitude et des accidents qui peuvent coûter cher

L’ajout de points d’inaptitude à votre dossier de conduite n’est pas sans conséquence… Cela peut avoir un impact sur :

  • le coût annuel de votre permis de conduire votre prime d’assurance auto
  • la validité de votre permis de conduire, car celui-ci peut être révoqué ou suspendu avec tous les coûts et les délais que cela implique
  • vos déplacements si vous êtes privés de permis de conduire

Conduire avec un cellulaire augmente le risque d’accident et peut faire augmenter votre prime d’assurance auto. Que vous fassiez une réclamation à votre assureur ou non, tous les accidents dans lesquels vous êtes impliqué comme conducteur au cours des 6 dernières années sont indiqués au Fichier central des sinistres automobiles (FCSA). Votre assureur a accès au FCSA et le consultera pour établir le montant de la prime d’assurance.

Des solutions pour garder les yeux sur la route

Fermez votre appareil, tout simplement!

Voilà une solution d’une simplicité à couper le souffle et qui ne coûte pas un sou.

Vous pouvez alors réserver vos pauses téléphone aux stationnements publics, aux haltes routières ou aux haltes texto avec un accès Wi-Fi.

Immobilisez-vous dans un endroit sécuritaire et légal, comme sur l’accotement d’une route où la vitesse maximale permise est de moins de 70 km/h.

Faites confiance à votre copilote

Remettez votre appareil à la personne qui vous accompagne pendant votre trajet.

Elle se chargera de faire vos tâches qui ne peuvent pas attendre afin de garder toute votre concentration pour la conduite.

Signez un pacte

Grâce à cette initiative du Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé, engagez-vous à ne pas conduire avec votre cellulaire.

Des applications à la rescousse

Mode conduite

La SAAQ a mis au point l’application Mode conduite qui bloque les appels et les textos entrants sur votre cellulaire pendant que vous conduisez.

Un message avertit alors la personne qui tente de vous joindre que vous êtes derrière le volant.

Distraction au volant

Avec ce simulateur de conduite sous les effets de la distraction, vous serez à même de constater qu’il ne faut parfois que quelques secondes d’inattention pour qu’un accident survienne.

App Store

LifeSaver

Grâce à la géolocalisation, LifeSaver (en anglais seulement) vous permet de bloquer un téléphone quand l’auto est en mouvement.

Dès qu’elle cesse de rouler, le téléphone se déverrouille et peut être utilisé à nouveau.

App Store
Google Play

Vers une réforme du Code de la sécurité routière

Promise par le ministre des Transports, la réforme du Code de la sécurité routière pourrait bien voir le jour cette année.

Il n’est pas impossible que la loi se resserre concernant l’usage du cellulaire au volant.