Parler d’argent n’est jamais une mince tâche… Voici quelques conseils pour aborder cette question délicate avec vos parents vieillissants sans provoquer de conflits.

Vos parents vieillissent et vous vous inquiétez de leur situation financière? Vous avez bien raison de vous en soucier. Une  négligence quant à la planification d’une perte d’autonomie ou de leur succession peut avoir des répercussions importantes pour eux et leur entourage, dont vous et votre fratrie.

Quand en parler?

Ici, la prévoyance est votre meilleure alliée. Aborder la question financière avec vos parents quand ils sont encore en bonne santé et autonomes vous laissera plus de temps pour planifier et voir à tous les aspects.

Qui plus est, vos parents courent ainsi la chance de voir plus d’options s’offrir à eux que s’ils sont en perte d’autonomie et qu’une certaine urgence s’impose d’elle-même.

Il vous reste maintenant à trouver le moment idéal pour lancer la discussion. Préférez le calme à un moment d’agitation, comme en pleine fête familiale. Vous devez sentir que vos parents sont réceptifs au dialogue et qu’ils ne sont pas préoccupés par autre chose, par exemple l’attente de résultats médicaux.

Il est donc inutile de les brusquer et de les forcer à s’aventurer sur le sujet de l’argent s’ils ne sont pas à l’écoute.

Quelques signes avant-coureurs

Si vos parents éprouvent des difficultés à gérer leurs finances, ne vous attendez pas à ce qu’ils vous demandent de l’aide. Ils ne veulent tout simplement pas être un fardeau.

C’est donc à vous de porter une attention particulière à certains indices qui ne trompent pas, comme des dépenses inhabituelles, des défauts de paiement ou des pertes de mémoire progressives.

Il faut alors saisir le taureau par les cornes et agir.

Comment en parler?

L’argent, la perte d’autonomie et la mort sont des sujets tabous. La délicatesse et le respect sont de rigueur si vous souhaitez préserver la relation avec ces êtres chers.

Si vous amenez le sujet en vous mettant à leur place et en leur faisant part de vos inquiétudes, vous risquez moins de les froisser.

Démontrez à vos parents que vous les questionnez pour vous assurer de leur bien-être et dites-leur que vous voulez les aider.

Ne pas faire face à ses obligations financières ou avoir l’impression de léguer de lourdes responsabilités financières en héritage peut générer de l’anxiété, de la déception ou de la colère. Vous devez donc les accompagner dans leurs démarches quitte à faire appel à un professionnel en services financiers ou juridiques.

De part et d’autre, les rôles sont sur le point de s’inverser entre vos parents et vous. Il est donc normal que cela nécessite des ajustements, mais en faisant preuve de transparence et en favorisant la communication, vous y parviendrez.

Quels sujets aborder?

  • Vos parents sont-ils bien au fait des dépenses qu’entraîne un décès? Au-delà des frais funéraires s’ajoutent les impôts payables lors de la succession, le solde hypothécaire, les autres prêts, etc.
  • Ont-ils un testament?
  • Ont-ils une assurance vie?
  • Vos parents sont-ils conscients du coût du logement ou de l’aide à domicile en cas de perte d’autonomie? Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, ils ne pourront peut-être s’offrir une résidence haut de gamme pendant longtemps…
  • Vos parents ont-ils un mandat d’inaptitude?
  • Vos parents ont-ils confiance dans leur plan financier et leur capacité d’acquitter leurs dépenses?
  • Vos parents ont-ils un conseiller pour les aider avec leurs finances?

Que faire pour les aider s’ils se sentent dépassés?

1. Mettez de l’ordre dans leur paperasse

La première étape consiste à consigner tous les documents importants :

  • Déclarations de revenus
  • Contrat d’assurance vie, maladie ou collective
  • Relevés de placements
  • Relevés bancaires et autres informations, comme leur NIP
  • Contrat hypothécaire
  • Testament
  • Acte de naissance
  • Certificat ou acte de mariage ou d’union civile

À cela, vous devez ajouter le numéro d’assurance sociale.

Si vos parents ont un coffret de sûreté ou un coffre-fort, demandez toutes les informations pour y avoir accès.

2. Dressez leur inventaire financier

Vous avez tous les documents requis pour dresser un portrait global des finances de vos parents :

  • Sources de revenus
  • Dépenses mensuelles, comme les paiements hypothécaires, le câblodistributeur, etc.
  • Cartes de crédit
  • Budget mensuel
  • Actifs et passifs
  • Investissements
  • Assurances

3. Représentez-les

Si vos parents ne sont pas en mesure d’administrer leurs biens, vous aurez besoin d’une procuration ou d’un mandat de protection (aussi nommé mandat d’inaptitude) pour agir en leur nom.

La nuance entre ces 2 documents réside dans la capacité de vos parents à gérer leurs biens. Une procuration vous donne le droit de les représenter, même s’ils sont toujours en mesure de gérer eux-mêmes leurs avoirs. Quant au mandat de protection, il vous désigne comme étant la seule personne ayant autorité en la matière, parce que vos parents ont été déclarés inaptes par un tribunal.

4. Trouvez-leur un notaire

Il est impératif d’aider vos parents à trouver un notaire en qui ils auront confiance, surtout s’ils n’ont pas planifié leur succession ou n’ont pas de mandat d’inaptitude.

Vos parents doivent aussi faire savoir à leurs proches et à leurs héritiers comment le partage de leurs avoirs se déroulera à leur décès.

Bien des malentendus seront évités s’ils ont pris le temps d’élaborer un plan et de le partager.

5. Demandez l’aide d’un conseiller

Le monde des finances est complexe; c’est pourquoi vos parents et vous avez besoin d’être entourés d’un conseiller accrédité.

Il épaulera vos parents dans leur planification financière et dans leurs investissements et saura bien vous guider.