L’obésité a le vent dans les voiles. Malgré des efforts répétés pour inciter la population mondiale à faire de l’activité physique et à manger sainement, la proportion d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui souffrent d’embonpoint ou d’obésité croît de façon quasi exponentielle.

Comment renverser la vapeur?

Un code de couleurs

Depuis 2013, au Royaume-Uni, un code de couleurs qui rappelle les feux de circulation – vert, ambré, rouge –  apparaît sur les emballages des produits transformés vendus en épicerie.

Cinq icônes placées bien en vue sur l’emballage informent le consommateur sur les éléments nutritionnels suivants :

  • Calories
  • Sucre
  • Gras
  • Gras trans
  • Sel

Cette représentation graphique de la valeur nutritive facilite et accélère la compréhension et la rétention de l’information. Les consommateurs peuvent savoir, en un clin d’œil, si leurs choix alimentaires sont appropriés ou s’ils ont tout faux.

  • Une majorité d’icônes vertes? Bravo!
  • Beaucoup d’ambrés? Il faudrait penser à changer quelques habitudes, à essayer de nouvelles recettes, lentement mais sûrement.
  • Le rouge est très présent? L’incitatif pour faire mieux est grand.

Et globalement?

Bien que l’information relative à une saine alimentation soit accessible dans différentes ressources – livres de cuisine, émissions de télé, dispositifs technologiques, applications mobiles, réseaux sociaux, vidéos YouTube –, elle est difficile à gérer au quotidien pour le citoyen moyen.

Entre le boulot, les obligations familiales et les passe-temps, il reste bien peu de place dans l’espace mental pour la recherche sur l’alimentation santé et la transformation des habitudes de consommation. Cela requiert temps et énergie, denrées rares aujourd’hui. Les aliments préparés deviennent attirants, la restauration rapide aussi.

Reconnu pour sa capacité à régler les problèmes d’affaires grâce à sa créativité stratégique et à une bonne dose d’imagination, le designer britannique Hayden Peek propose de pousser la représentation graphique de la valeur nutritive encore plus loin en la transposant sur le reçu d’épicerie. Une image ne vaut-elle pas mille mots?

Cinq étiquettes seraient placées bien en vue sous le total de la facture. Elles feraient référence aux mêmes éléments nutritionnels que sur les produits préparés, mais fourniraient un score pour l’ensemble des aliments achetés.

Le consommateur serait ainsi informé de la valeur nutritive de ses choix alimentaires de façon globale. Une majorité d’ambré inciterait à faire un effort pour obtenir un meilleur score dans les semaines à venir. Beaucoup de rouge serait difficile à ignorer et conduirait, selon Hayden Peek, à l’action et au changement.

Au Canada

La valeur nutritive des aliments est présentée de façon très complète sur chaque étiquette : calories, lipides, gras trans, cholestérol, sodium, glucides (fibres et sucres), protéines, vitamines, calcium et fer. Tout y est!

Le niveau de détail de l’information facilite la comparaison entre deux produits. Mais la représentation choisie ne frappe pas l’imaginaire et ne permet pas d’obtenir rapidement une idée globale de la valeur de l’aliment, encore moins de l’ensemble de ses achats.

Le gouvernement du Canada a entrepris la révision du Guide alimentaire canadien dans le but de présenter les dernières données sur l’alimentation et la santé, simplifier et vulgariser l’information, et faire en sorte que le format réponde davantage aux besoins de tous les publics.

En ces temps où l’obésité fait des ravages, la proposition de Hayden Peek fera-t-elle son chemin dans le processus entamé par Santé Canada? À suivre.