Souffrez-vous de dépendance aux médias sociaux? Découvrez ce qui se passe dans notre cerveau et comment être moins accroché à nos écrans pour profiter davantage du moment présent.

Des chiffres sur les médias sociaux

Vous trouvez que nous sommes de plus en plus rivés sur nos cellulaires et nos tablettes? Vous ne rêvez pas! Voici les dernières statistiques intéressantes :

 

 

  • Il y a 2,3 milliards d’utilisateurs actifs des médias sociaux sur la terre. La population mondiale est estimée à 7 milliards.
  • Au Canada, il y a 25 millions d’utilisateurs actifs des médias sociaux, dont 21 millions utilisent leur appareil intelligents pour les consulter.
  • Les utilisateurs de Facebook y passent en moyenne plus de 20 minutes quotidiennement.
  • Toutes les minutes, plus de 300 heures de vidéos sont mises en ligne sur YouTube.

Faites le test

Est-ce que les médias sociaux occupent trop de place dans votre vie? C’est le temps de le vérifier.

  • La première chose que je fais à mon réveil est de consulter mon fil Facebook.
  • À table, les écrans de toutes sortes prennent plus de place que les aliments ou les discussions en famille.
  • Quand je suis dans une file d’attente, je tue le temps en consultant mon téléphone intelligent. Toujours.
  • La connexion Wi-Fi est le critère LE plus important quand je réserve un hôtel à l’étranger.
  • Si j’oublie mon téléphone à la maison, ma journée est foutue.

Si vous vous reconnaissez dans toutes ces affirmations, c’est que vous êtes probablement plus dépendant aux réseaux sociaux que vous ne le croyez.

La dépendance aux médias sociaux… est-ce que ça existe vraiment?

Selon l’ouvrage de référence pour diagnostiquer les troubles mentaux, le DSM-5 (en anglais seulement) de la Société américaine de psychiatrie, la dépendance aux médias sociaux n’est pas une maladie encore reconnue.

L’organisme l’a toutefois à l’œil et n’écarte pas la possibilité que la dépendance aux médias sociaux figure dans la prochaine version du DSM, tout comme l’est la dépendance au jeu ou à l’alcool.

Pour qu’un tel diagnostic soit posé, cela signifie que la personne s’isole de son entourage et que sa dépendance l’empêche de fonctionner normalement dans son quotidien.

Quand votre vie professionnelle ou votre relation de couple en souffrent, c’est un signe que les médias sociaux prennent trop de place dans votre vie.

C’est un peu la faute de notre cerveau

Pour expliquer notre plaisir à naviguer sur les réseaux sociaux, il faut comprendre la réaction chimique dans notre cerveau.

Un commentaire sur votre dernière photo publiée sur Instagram ou un J’aime sur Facebook fait libérer 2 substances chimiques dans notre cerveau : la   et l’ocytocine.

La première est associée au plaisir et à la récompense. Vous connaissez sans doute le petit boost d’énergie que l’on ressent quand on succombe au sac de chips jusqu’à la dernière miette? C’est exactement la même réaction chimique qui se produit dans notre cerveau avec les médias sociaux!

Quant à l’ocytocine, on la surnomme « l’hormone du bonheur », car elle joue un rôle important dans la reconnaissance sociale et l’empathie. Pour Boucar Diouf, l’ocytocine, c’est le « vivre ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare », ce qui a pour effet de diminuer notre anxiété à l’idée de se savoir bien entouré.

Que faire si vous en êtes atteint?

Les heures sont comptées dans une journée… Si la majorité de vos temps libres est consacrée aux réseaux sociaux, c’est votre vie sociale avec des humains en chair et en os qui pourrait en souffrir.

Maintenant, que faire?

Le sevrage à froid

Inscrivez à votre agenda des heures intouchables où les écrans sont interdits. Il est possible de se sentir désemparé au départ, mais par la suite, une certaine habitude de ne pas consulter vos appareils s’installe.

Le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de vous réfugier quelques jours dans un endroit où il n’y a aucune connexion Internet.

Sevrage garanti!

Redécouvrez le réveil-matin

Misez aussi sur le traditionnel réveil-matin plutôt que sur l’application Alarme de votre cellulaire. La tentation d’aller sur les réseaux sociaux dès votre réveil sera moins grande.

Faire le vide avec la méditation

Avec l’« ici maintenant » préconisé par la méditation, vous apprendrez à vous détacher progressivement des médias sociaux pour vous consacrer entièrement au moment présent.

Changez les paramètres

Changez les paramètres de votre compte Facebook, à commencer par les avertissements.

Profitez de l’occasion pour un ménage de vos amis. Vous coupez ainsi les occasions d’aller plus souvent sur les médias sociaux.

Enlevez aussi tous les sons qui vous indiquent quand il y a de l’activité sur vos profils.

Votre cerveau n’aura donc plus sa surdose de dopamine.

Et si c’est votre ado?

Si c’est votre ado qui est en souffre, essayez de comprendre pourquoi il se réfugie dans les médias sociaux. Essaie-t-il de fuir la réalité ou de l’embellir? En tentant de comprendre ses motivations, vous serez plus en mesure d’aller chercher l’aide nécessaire.

La psychothérapie cognitivo comportementale pourrait alors être envisagée.